avatar

Raphaël Leborgne

Auteur • Arras

Je suis un arpenteur des abysses de l’âme humaine, un plongeur qui s’enfonce dans les eaux troubles, là où se terrent les vérités que la plupart préfèrent enfouir sous des couches de convenances et de mensonges polis. Spécialiste du roman noir, je m’aventure sans filet dans la dystopie, l’horreur psychologique et un fantastique corrosif, acide pur qui ronge les illusions jusqu’à l’os. Mes livres ne consolent personne. Ils ne rassurent pas. Ils grattent les fissures de la réalité avec une lame émoussée exprès, jusqu’à ce qu’elle se déchire, jusqu’à ce que l’insoutenable jaillisse en pleine lumière. Attention : c’est brut, sans filtre, sans douceur ni compromis. Pas pour les cœurs trop tendres, ceux qui veulent fermer les yeux sur le monde tel qu’il est vraiment. J’habite et j’écris à Arras, dans le Pas-de-Calais, au cœur des Hauts-de-France. Ne vous méprenez pas : je suis un amoureux de cette région. Pas l’amour mièvre des cartes postales, mais celui, viscéral, pour un territoire cabossé, rugueux, marqué par l’histoire et les coups du sort, beau précisément parce qu’il ne ment pas. Cette terre est ma mine inépuisable d’atmosphères sombres : rues pavées qui claquent sous la pluie incessante comme un battement de cœur fatigué, places historiques encore hantées par les guerres et les crises mais toujours debout, quartiers où la précarité s’installe en silence sans jamais crier, zones commerciales usées où le vent charrie plus de vide que d’espoir et pourtant, une authenticité brute qui vous prend aux tripes. Je n’ai pas besoin de fuir à l’autre bout du monde pour trouver la matière noire de mes histoires. Arras et ses environs suffisent largement. Le quotidien y devient glaçant dès qu’on ose vraiment regarder, sans lunettes roses : un parking de supermarché désert à la nuit tombée, éclairé par des néons qui clignotent comme un pouls mourant ; un immeuble des années 70 aux balcons rongés par la rouille, où chaque fenêtre raconte une vie qui s’accroche ; un bistrot de quartier où les mêmes habitués noient leurs regrets dans le même demi depuis des décennies, le regard perdu dans le vide. Ces lieux ne sont pas des décors : ils s’infiltrent dans mes romans comme des ombres vivantes, muettes et implacables, mais aussi familiers, presque tendres dans leur dureté implacable. C’est ici que je vis, que je respire, que j’écris et que je trouve la beauté tordue qui rend tout le reste fade. J’ai commencé à écrire à six ans. Un instituteur nous a demandé d’imaginer la suite d’un texte lu en classe. Les autres ont pondu trois lignes polies, bien cadrées. Moi, j’ai continué, page après page, emporté par une urgence que je ne comprenais pas encore, comme si quelque chose en moi refusait de s’arrêter. Ce jour-là, j’ai saisi que l’écriture pouvait ouvrir une porte dans un monde qui me barrait sans cesse la route : « non », « pas comme ça », « tu ne peux pas ». J’étais déjà différent, déjà hors norme, déjà à côté. L’écriture m’a offert le pouvoir de créer des univers où c’est moi qui pose les règles, où le chaos trouve enfin un sens, où je décide qui tombe et pourquoi. Je suis autiste, diagnostic confirmé et assumé sans honte ni excuse. Ce n’est pas un détail périphérique, une anecdote sympa : c’est le noyau dur de ma façon d’être et d’écrire. L’hyperfocus qui me fait plonger des jours entiers, des nuits entières dans un projet, oubliant le reste du monde ; cette acuité presque douloureuse pour les détails que les autres balaient d’un revers de main ; l’intolérance viscérale au bruit social, aux faux-semblants, aux conversations creuses qui tournent en rond… Tout cela infuse mes textes comme un venin nécessaire. Je n’arrondis pas les angles. Je ne cherche pas à plaire, ni à être aimé. J’explore les obsessions jusqu’à l’os, les failles jusqu’à la rupture totale, les violences ordinaires jusqu’à ce qu’elles deviennent un cri intérieur qui résonne longtemps après la dernière page. Pour moi, le roman noir n’est pas un genre parmi d’autres : c’est une radiographie sans anesthésie de la société. Il parle de la précarité qui dévore de l’intérieur, des usines fermées qui laissent des quartiers en friche comme des cadavres encore chauds, de la violence domestique qu’on étouffe derrière des volets clos, des addictions qui engourdissent pour mieux tuer doucement, des institutions qui promettent monts et merveilles et sauvent si peu. Mes histoires se passent dans l’ordinaire, le banal qui pue la vérité : rues d’Arras la nuit quand le silence tombe lourd, corons délavés par des décennies de pluie acide, zones commerciales où le néon clignote sur du vide absolu. C’est précisément cette banalité qui rend la noirceur si violente, si proche, si inévitable. J’écris parce que c’est vital, comme respirer. Chaque livre est une tentative désespérée de nommer le chaos, de donner forme à ce qui fait mal, d’éclairer ce que la plupart fuient du regard. Je construis des mondes pour mieux les démonter, brique par brique. Je crée des personnages pour les envoyer en enfer, les regarder se briser, se relever ou non. Et à la fin, quand la dernière page se tourne, il reste souvent le silence… et une vérité nue, brutale, qui ne pardonne rien. C’est ma façon d’exister dans ce coin de France rugueux, cabossé mais tellement beau . C’est ma façon de dire : je suis là, je vois, et je ne détourne pas les yeux.

Réalisations

  • Noire Croisade Lien
    Au lendemain d’un cataclysme nucléaire, l’Europe s’est transformée en un Empire Théocratique où l’Empereur Morgan Spernekiel, héritier du Dieu-Vivant, règne d’une main de fer. Sous la protection des Chevaliers de Miko, il impose une décroissance radicale et un contrôle absolu sur ses sujets. Mais dans l’ombre, une mystérieuse confrérie, les Roya, œuvre à renverser cet ordre oppressant. Dans ce monde où le spirituel et le politique s’entrelacent, la principauté d’Arras fait figure d’exception. Gouvernée par le prince Mithra et la princesse Ophélie Petersen, elle abrite l’Université des Sciences Occultes, dernier bastion du savoir interdit. Leur fils, Doukha Petersen, devrait en être l’héritier légitime. Pourtant, il se tient à l’écart des luttes de pouvoir et des mystères ésotériques, indifférent à l’héritage qu’on lui destine. Mais dans un Empire où même l’inaction peut être une menace, combien de temps pourra-t-il rester spectateur ? Un récit de pouvoir, de foi et de rébellion, où l’histoire elle-même semble se réécrire sous l’impulsion de forces obscures.
  • La Saga de la Loge, tome 3 : le murmure des cendres Lien
    Automne 2022. Mithra Petersen, maître occultiste, se retrouve à la croisée des chemins. Investi de la responsabilité de leader, il doit assumer les lourdes charges de ce nouveau rôle. En parallèle, une vidéo énigmatique provenant de Bakkeneim, la ville natale de sa compagne Ophélie Godric, vient troubler leur tranquillité. Ce film, capturant un phénomène surnaturel déconcertant, soulève une question cruciale : s'agit-il d'une manipulation grossière, d'un canular élaboré, ou bien d'une manifestation authentique de l'invisible ? Mithra et Ophélie, unis par leur amour indéfectible et leur insatiable soif de connaissance, s'embarquent dans une enquête palpitante. En explorant les secrets enfouis de Bakkeneim, ils se confrontent à des forces obscures et à des événements insondables qui remettent en question leur vision du monde, pourtant très ouverte. Simultanément, Mithra est contraint de gérer les répercussions de son lien avec le Dieu-Vivant sur sa santé mentale, celles des autres et sur la menace qu'il fait peser sur le monde...
  • La Saga de la Loge, tome 2 : PARATUS Lien
    Mithra Petersen est bien installé à Arras. Il a démarré sa carrière d'occultiste, il a une copine, tout roule pour lui...en apparence. Mithra est dévoré par ses peurs et ses doutes sur sa capacité à réussir et à mettre son couple à l'abri du besoin. Dans sa quête de sécurité, il fera des rencontres, affrontera des démons et cherchera de l'aide auprès d'une société du nom de PARATUS. PARATUS a un programme, consistant à réactiver les compétences des ancêtres de ceux / celles suivants le programme. Comment cela va-t-il tourner ? Quel sera le prix de l'ambition de Mithra ?
  • La Saga de la Loge, tome 1 : l'éveil de Mithra Lien
    Mithra Petersen ne s'aime pas. Pour cette raison, il préfère être seul. Il emménage à Arras, loin de sa famille, dans l'espoir d'y trouver la paix. Cet appartement qu'il loue, semble parfait pour ça. Il est de bonne taille, avec un loyer abordable. Mais quelque chose ne va pas. Il a eu cet appartement en étant sans emploi, sans garant et surtout, sans difficulté. Le concierge est très intrusif et semble sous influence.
  • La Saga de Gordias, tome 3 : la nouvelle aube Lien
    Deux ans après les massacres qui ont déchiré le voile, le monde tente de recoller ses morceaux. Mais certains pans ne se recollent pas. Ils pourrissent. Michaël Angelis, Chevalier du Dieu-Vivant respecté, irréprochable en apparence, est envoyé à Cault. Mission officielle : approcher Aube, une jeune témoin clé dans une affaire de meurtre brutal, gratuit en surface… mais qui pue la signature de Roynar, le Seigneur de la Folie, et des derniers vestiges de ce qui a survécu à l’horreur.
  • La Saga de Gordias, tome 2 : le Seigneur de la Folie Lien
    France, 2022. Entre le Salon Gris où les âmes se fracturent et la Lune de Sang qui éclaire les pires instincts, un nouveau maître s'avance. On l'appelle le Seigneur de la Folie. Il ne vient pas détruire le monde : il vient révéler ce qu'il est vraiment devenu. Ultra-violent, politiquement incorrect, sans compromis ni consolation, ce roman ne pardonne rien , ni à ses personnages, ni à son lecteur. Si vous êtes sensible, passez votre chemin. Si vous osez entrer, n’espérez pas en ressortir indemne.
  • La Saga de Gordias, tome 1 : le Foyer Lien
    Un ado nihiliste et dépravé, un asocial en guerre contre son père, un ancien de l'Etat Major Français cynique et dénué d'empathie pour les êtres humains, une businesswoman à la moralité douteuse, un professeur des écoles viriliste et un jeune prêtre catholique intégriste se livrent à une guerre sans merci pour défendre leurs visions de la paix au sein du village d'Annay, dans le Pas-de-Calais.