ZOUGGAR
Je suis né à Dunkerque, là où le vent apprend très tôt aux enfants que tenir debout est déjà une forme de philosophie. Une ville de sel, de ciel mobile et d’horizons qui donnent envie de partir sans jamais vraiment vous laisser partir. On grandit face à la mer du Nord avec une leçon : le monde est vaste, mais il faut d’abord apprivoiser ses propres marées. Alors j’ai voyagé. Beaucoup. Traversé des continents, des fuseaux horaires, des langues qui roulent différemment sur la langue. J’ai collectionné des aéroports et des cafés trop chers, des chambres d’hôtel avec vue sur d’autres chambres d’hôtel, des levers de soleil qui semblaient écrits par un poète insomniaque. J’ai vu des villes dresser leurs cathédrales de verre, des déserts respirer la nuit, des foules pressées qui marchaient vers des lendemains urgents. Et puis, un jour, sans fracas, j’ai fait le choix inverse : me poser. Aujourd’hui, je vis dans un village paisible non loin d’Orchies. Un endroit où les clochers prennent leur temps, où les saisons ont encore une vraie personnalité, où l’on peut entendre ses pensées finir leurs phrases. À mes côtés : Nadège, mon épouse - délicieuse au sens le plus noble du terme, celui qui mêle la grâce au caractère, la douceur à l’intelligence vive. Elle est mon port d’attache, mon éditrice informelle, mon comité de lecture affectif, et parfois mon rappel à l’ordre quand une phrase décide de n’en faire qu’à sa tête. Je n’aime pas le mot écrivain. Il sent un peu trop la pose, la photo en noir et blanc, le regard perdu vers une fenêtre qui donne sur un concept. Je lui préfère arpenteur de mots. J’avance à pied dans la langue. Je trébuche sur une virgule, je contourne un cliché, je m’arrête devant une belle métaphore pour en admirer la charpente. J’explore le vocabulaire à la manière d’un randonneur : sans certitude d’arriver, mais avec le plaisir précis d’observer. J’ai commencé tard. Il y a des débuts qui naissent d’une blessure plus que d’un projet. Un jour, on m’a expliqué que je n’étais pas qualifié pour critiquer L’Étranger. Que commenter L’Étranger de Albert Camus exigeait un diplôme, un tampon académique, une autorisation de penser. « Écris un roman, et après on pourra discuter. C’est facile de critiquer sans études de lettres. » La phrase est restée. Longtemps. Une écharde dans la paume de l’ego. Alors j’ai écrit. Pour comprendre. Je croyais panser une vexation ; je découvrais un territoire. Depuis quatre ans, quelque chose s’est éclairci : j’aime profondément partager l’imaginaire. Offrir des histoires, tendre des émotions, fabriquer des miroirs où chacun reconnaît un fragment de lui-même. L’écriture n’est plus une riposte ; elle est devenue un lien. Je m’engage naturellement vers des thématiques sociétales. Les failles collectives me fascinent. Les silences de l’histoire m’intriguent. J’écris pour éclairer sans accuser, questionner sans condamner, raconter sans simplifier. Le monde est complexe ; la littérature mérite mieux que des slogans. Ai-je des auteurs préférés ? Pas vraiment. Je lis avec curiosité plutôt qu’avec fidélité. Un jour un classique, le lendemain un premier roman, puis un essai, puis un polar scandinave où tout le monde a froid même en été. Je suis un lecteur omnivore, sans chapelle, sans bannière. Mais s’il fallait n’emporter qu’un seul livre sur une île déserte - hypothèse improbable sauf si les compagnies aériennes redoublent d’imagination -, je choisirais La Petite Fadette de George Sand. Et puis, entre nous, si l’on doit parler seul pendant des années, autant le faire en bonne compagnie littéraire. Je n’ai pas la posture de l’auteur. J’ai celle du marcheur. Je ne cherche pas la statue. Je préfère le sentier. Je ne vise pas l’œuvre monumentale. Je bâtis des refuges de papier. Si mes textes trouvent un lecteur, alors le voyage continue. Sinon, j’aurai au moins appris à écouter ce qui murmure en moi. Et c’est déjà une aventure. Mots-clés pour entrer dans mes œuvres : Mémoire intime · Racines du Nord · Voyages intérieurs · Exil et ancrage · Amour discret · Théâtre du réel · Fractures sociales · Humanité ordinaire · Engagement sensible · Arpenter la langue · Émotions lentes · Identités plurielles · Résilience · Transmission · Regards croisés · Littérature habitée CONTACT : nourredinezouggar@gmail.com PS : J’ai eu le privilège de faire voyager mes mots au-delà des pages, porté par des voix et des regards qui éclairent le Nord. L’Observateur a mis en lumière mon roman Prince K, révélant l’itinéraire d’un récit né d’une nécessité intime. Sur le plateau de Télé ASTV, dans l’émission Graines de Culture, j’ai confié les coulisses de mon écriture, ses silences fertiles et ses élans. Puis France Bleu Nord m’a offert ses ondes pour raconter la traversée d’une vie : du commerce aux chapitres, du réel à l’imaginaire, avec ce désir constant de transmettre, rassembler et faire résonner l’expérience humaine.
Réalisations
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Portrait du mois à Dunkerque LienDes mots pour écrire et pour dire... Interview du journal Dunkerque et Vous de Décembre 2025 -
Prince K (Une histoire hors normes) LienTout n'est pas faux. Tout n'est pas vrai. Il appartiendra à chaque oeil bienveillant de monter à bord de cette histoire comme bon lui semble. J'ignore encore aujourd'hui, quinquagénaire berné par son propre ego, ce que j'ai réellement vécu au cours de ma vie. J'ai pensé que c'était une raison valable de s'adonner à l'écriture. J'ai pris énormément de plaisir à construire une leçon de vie. Au fil des pages, je n'ai rien laissé au hasard. Je connaissais parfaitement la commune de Dunkerque, omniprésente dans ce livre.... -
L'Amant de Ma Femme LienUne fois n'est pas coutume, Nourredine ZOUGGAR nous entraîne dans une fiction romancée à la première personne, pour nous révéler tout son talent. Le sujet qu'il aborde, de manière déconcertante, n'est autre qu'une des batailles des plus difficiles à mener. Il vous laisse le découvrir au gré des mots. Il vous fera pleurer, mais surtout rire. A travers ce roman, l'auteur se lance un défi de taille : redonner de l'espoir à un tiers des français. Avez-vous deviné ? Quelque soit la réponse, n'hésitez pas à plonger dans ce récit… -
Une vie à trois de Nourredine ZOUGGAR (Auteur), Nadège FACOMPRE (Auteur) LienÀ deux voix, ce livre tisse une trame hors du commun où les mots acquièrent une force insoumise et deviennent autant d’épées que de boucliers. Face à l’ombre, un couple trouve dans l’écriture une source d’espoir, un rempart contre le mal et une ancre (encre) qui tient debout, parfois colorée d’un rire qui désamorce la peur. La langue oscille entre le poétique et le quotidien, jusqu’au parler du Nord, offrant une partition qui fait vibrer le récit et le rend vivant. L’œuvre se joue sur plusieurs niveaux : fiction et réalité s’entrelacent, les références littéraires dialoguent avec les trouvailles du moment, et les pages se raccrochent à une mémoire qui résonne comme une longue réverbération. Les figures secondaires, d’une présence palpable — le médecin, Yamina, et d’autres — ne servent pas de simples rouages : elles animent l’histoire, insufflent chair et vie au récit. À travers les pages, on comprend que les mots peuvent guérir, qu’ils peuvent aussi trahir, et que l’espoir s’écrit souvent à deux. Doux, drôle et profondément humain, ce roman vous emporte. Le roman s’achève de façon surprenante laissant le lecteur stupéfait.